L'annonce de la fermeture de l'usine Lejaby d'Yssingeaux a été largement commentée dans l'ensemble des médias. D'un côté des ouvrières désespérées, de l'autre le discours froid et rationnel du repreneur Alain Prost. L'argument avancé : les couts de production trop élevés en France par rapport au Maghreb (entre 5 et 7 euros de plus). Si l'argument économique est béton, les femmes en larmes nous touchent. Et nous aurions tort. Car en situation de crise, l'impact émotionnel submerge toutes nos capacités de raisonnement. Et c'est bien entendu sur ce facteur que les médias se focalisent. S'émouvoir des salariés est plus "rentable", plus spectaculaire, que d'écouter les arguties économiques, pourtant implacables, d'un chef d'entreprise. Agiter le chiffon rouge du pathos, c'est perdre notre capacité de discernement. Certes c'est cruel. Mais terriblement exact. Dans les cellules de crise, les deux aspects gestion et communication doivent prendre en compte cette subite montée d'émotion, de sentiments et s'en méfier. Elle répond au court terme. A l'instinct. A l'expression des besoins primaires, légitimes mais idéalisés. Alors que c'est dans la projection à moyen et long terme que l'organisation doit pouvoir se projeter parce qu'il en va de sa survie.
http://www.bfmtv.com/fermeture-d-une-usine-lejaby-255-salaries-actu22102.html








