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Le blog de la communication de crise

CRISE SOCIALE EN ENTREPRISE : de la rumeur à la séquestration

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Cela commence parfois par quelques bruits indistincts dans les couloirs, les ateliers, la machine à café... Personne n'y prend vraiment garde, comme si cela appartenait au quotidien, comme si tout le monde avait déjà entendu cela. Relayée par des spécialistes du colportage de fausses informations qui trouvent toujours un intérêt personnel à se faire valoir (ils savent ce que les autres ne savent pas), la rumeur enfle, se développe, tisse progressivement sa rumeur1toile autour des salariés, des chefs d'équipe, des cadres, des managers. Appelée radio moquette, bruit de couloir, radio bistrot, la rumeur n'est jamais complètement anodine. Elle traduit le plus souvent une forme de mal être, d'incompréhension et d'ignorance.

La communication interne, bien conduite, planifiée, organisée, menée par un spécialiste à la fois en ressources humaines et en communication, doit pouvoir contrarier la diffusion de rumeurs en osant les nommer et ainsi les dénoncer. Le management de l'entreprise a également toute sa part de responsabilité : bien souvent, les rumeurs naissent d'une absence de partage de l'information, une absence de concertation et de coordination. Ainsi de ce manager d'une entreprise de retraitement des déchets qui "n'ose" pas annoncer la fermeture d'un site au mois de septembre prochain (il le sait depuis janvier dernier). Il a peur d'annoncer la mauvaise nouvelle accompagnée de la délocalisation de 30 salariés à 150 kilomètres sur un autre site et le chômage pour 17 autres. Questionné par nous, il répond qu'il attend la fin de l'été : c'est-à-dire qu'il prépare une bombe à retardement relationnelle. Il espère que, peut-être, quelque chose va surgir, une nouvelle solution alors qu'il sait pertinemment que la décision est déjà prise.

Or la nature humaine a horreur du vide et chacun va déceler dans l'anecdotique un signe, un symbole de changement. Le salarié n'aime pas le changement et se sent en "danger". La rumeur est là pour exorciser le lendemain, réduire l'angoisse de ne pas savoir. Dans notre cas, les salariés croient qu'ils seront tous licenciés. D'autres bruits circulent : l'entreprise serait rachetée par un groupe indien, on proposerait des postes en Bulgarie, le directeur voudrait s'enfuir avec la caisse... Et déjà une menace plane : grève sauvage pour préserver les emplois et menace de séquestration…

Rien ne remplace un discours de vérité, même s'il est difficile à entendre...

 

Quick : des souris et des hommes

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Ce n'est pas le remake du roman de Steinbeck et les souris photographiées dans un restaurant Quick de Belleville (Paris XX°) sont bien portantes. Cette nouvelle crise chez Quick, après le décès au mois de janvier 2011 d'un adolescent dans un restaurant d'Avignon, sème encore un peu plus le trouble sur la restauration rapide et sur la mal bouffe. Mais au delà de cette question de société (toutes les crises d'ailleurs ne sont-elles pas des questions de société ?), cette crise est intéressante parce qu'elle illustre assez bien ce que nous appelons les crises asymétriques.

Ainsi un simple passant (?) prend un cliché des cuisines de chez Quick et envoie la photo sur Twitter. Celle-ci fait d'ailleurs écho à une vidéo du même endroit tournée en février dernier et mise en ligne sur YouTube (vue 51000 fois).

Le délai de réaction de Quick est long, très long : 48 heures... mais l'entreprise réagit sur Twitter, là où la crise a démarré, en publiant un communiqué de presse afin de rassurer ses clients. Mais la guérilla sur le net va beaucoup plus vite et la propagation, le bouche à oreille numérique, le buzz,  sont instantanés. Néanmoins, si ce bruit reste sur internet, il s'épuise rapidement chassé par une autre information, une autre image. Il faut donc que le bruit "remonte" dans les médias classiques pour connaître un renouveau, un nouveau démarrage. C'est tout d'abord le site internet de France Soir qui relaie l'information. Celle-ci est reprise ensuite par le Huffington Post, puis par le Parisien. Mais l'information reste pour l'instant sur Internet. Si le Parisien, principale source d'informations des mainstream medias (les médias traditionnels, papier, radio, TV) la reprend dans son édition papier, alors la crise retrouve un troisième soufflle, l'information étant à son tour reprise par les autres médias puis à nouveau citée sur internet. La boucle est bouclée et Quick se retrouve au centre d'une tourmente, comme cerné par l'information circulant à toute vitesse, reprise et démultipliée. Le Huffington Post ajoute que "C'est un coup dur pour Quick. Le restaurant avait déjà vu son chiffre d'affaires reculer de 6,24% à 761,2 millions d'euros en 2011 en France, un repli "directement lié", selon son PDG, à l'impact du décès d'un adolescent peu après un repas dans un fast-food de l'enseigne à Avignon. Le scandale des souris ne va pas arranger les affaires du groupe."

Crise asymétrique puisque d'un côté, un groupe majeur de la restauration rapide se retrouve au centre d'une nouvelle polémique malgré sa force de frappe marketing face à des milliers de voix insaisissables, telle une puissante armée harcelée par une guérilla invisible. Et les petites souris remettent en cause la santé économique de la société.

Trois vainqueurs dans cette confrontation : les réseaux sociaux et leur capacité à se mobiliser. McDo, le concurrent direct qui développe des campagnes de publicité afin de rassurer ses clients en développant des campagnes axées sur la prévention. Et les souris. Etre si petites et devenir star en quelques heures...

quick

 

Le bilan des crises en 2011 : retour sur les crises de l'année écoulée

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Les perspectives en communication de crise : nouvelles tendances et importance des réseaux sociaux

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3 types de crises : crises asymétriques, paradoxales et anxiogènes

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