Difficile à ce jour d'échapper à l'affaire DSK : ITélé est en édition spéciale depuis dimanche matin, le monde s'est arrêté de tourner pour fixer les images d'un détenu aussi crédible que dans New York Unité Spéciale, la centrale japonaise est oubliée, la guerre en Libye aussi, M. Dupont de Ligonnès qui faisait la une a été détrôné par des turpitudes caméristes, et la répression en Syrie semble passer au second plan. Tout cela jusqu'à l'overdose. Désormais le mot de complot est sur toutes les lèvres et dans tous les sondages. Et vendredi prochain (comparution de DSK devant un grand jury), tout cela repartira de plus belle.
Comme si les médias n'avaient plus rien d'autre à dire et se figent devant cette nouvelle dramaturgie qui renvoie, tant dans sa construction que dans son exploitation, au storytelling, à l'opposition des puissants contre les pauvres, à l'impunité contre le banal quotidien d'une femme de chambre (Mirbeau et Bunuel doivent rire)... Tous les ingrédients d'une histoire salace, d'une descente aux enfers, - et bien que DSK soit toujours présumé innocent (son procès est déjà fait par les médias et autres donneurs de leçons, ceux-là même qui critiquaient le côté bling-bling de Nicolas Sarkozy lors de son accession au pouvoir)-, une histoire avec ses rebondissements, l'épouse éplorée compatissante, les amis politiques qui n'y croient pas, les anciens écarts qui remontent à la surface, le débat sur les images, l'article 9 du code civil etc.
Le risque médiatique c'est cela. C'est cette capacité que les médias ont, par excès de sensationnel, de pouvoir se focaliser sur un événement qui n'en reste pas moins anecdotique. D'où l'intérêt pour les entreprises de comprendre cet emballement et les attentes des journalistes, de cerner les risques de non diffusion d'une information, de taire la vérité factuelle, de mentir en espérant des jours meilleurs... C'est vrai que ces jours-ci, une crise peut survenir dans une organisation, n'ayons crainte, les médias regardent ailleurs...








